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Treponema pallidum subsp. pallidum

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    Classification :
  • Embranchement : Spirochaetota
  • Classe : Spirochaetia
  • Ordre : Spirochaetales
  • Famille : Treponemataceae
    Examen direct :
    • Précoce : < 15 minutes après le prélèvement
    • Très fines bactéries spiralées mobiles (mobilité caractéristique en tire-bouchon)
    • Observation au microscope à fond noir
    • Lésions buccales et anales : non interprétable (spirochètes commensales)
    Culture :
    • Morphologie :
      • Bactérie non cultivable
    Habitat naturel :
  • Répartition ubiquitaire
  • Réservoir strictement humain
    Facteurs de virulence :
  • Pas de sécrétion de toxines
  • Symptomatologie due à la réponse immunitaire
    Épidémiologie :
  • Infection sexuellement transmissible chronique strictement humaine en recrudescence

  • Infection syphilitique = augmentation du risque d’infection par le VIH

  • Transmission :
    • Voie sexuelle (majoritairement)
    • Voie maternofoetale : risque majeur après 4 mois de grossesse
    • Voie sanguine (exceptionnelle, non observée en France) : transfusions, transplantation d’organes

  • Populations à risque :
    • Usagers de drogues intraveineuses
    • Pratiques sexuelles à risque
    • Infection par le VIH
    Pathogénicité :
  • Agent de la syphilis : pathologie chronique d’évolution lente.
    • Incubation moyenne : 14-21 jours (10 à 90 jours)
    • Phases symptomatiques courtes (multiplication de la bactérie)
    • Phases asymptomatiques longues (réponse immunitaire efficace) : syphilis latentes

  • Phase primaire :
    • Chancre : ulcération unique superficielle indolore indurée
    • Localisation : génitale, anale, bucco-pharyngée (lèvres, gencives, narines…)
    • Adénopathie satellite fréquente
    • Guérison spontanée en 3 à 6 semaines

  • Phase secondaire :
    • Développement 1 à 3 mois après l'apparition du chancre
    • Durée : jusqu'à 2 ans après la contamination
    • Dissémination bactérienne hématogène
    • Survenue de plusieurs éruptions cutanéomuqueuses : roséole syphilitique, syphilides papuleuses

  • Phase tertiaire (rare) :
    • Lésions : 3 à 10 ans après la phase primaire (parfois jusqu'à 20 ans)
    • Développement dans 10% des cas de syphilis non traitées
    • Atteintes cutanées : gommes syphilitiques (lésions dermo-hypodermiques fermes) ou tubercules syphilitiques (nodules dermo-hypodermiques rouge cuivre)
    • Atteintes viscérales cardiovasculaires (insuffisance aortique, anévrysme) ou neurologiques (méningites, paralysies généralisées) principalement

  • Catégorisations cliniques :
    • Syphilis précoce :
      • Formes primaires, secondaires et latentes < 1 an après l’infection
      • Forte contagiosité
      • Faible taux de séquelles neurologiques
    • Syphilis tardive :
      • Formes latentes > 1 an après l’infection + formes tertiaires
      • Faible contagiosité
      • Fort taux de séquelles neurologiques
    • Syphilis congénitale :
      • Plus la syphilis est récente chez la mère, plus le risque de transmission est grand
      • Risque de transmission plus élevé après le 4e mois de grossesse
      • Accouchements prématurés
      • Mortalité in utero et périnatale
      • Syphilis néonatale : mime une phase tertiaire
        • Lésions cutanéomuqueuses
        • Lésions viscérales : convulsions, ictère + hépatomégalie + splénomégalie, néphrite, ostéo-chondrite…
      • À partir de 7 ans de vie : triade de Hutchinson (surdité + kératite interstitielle + ostéodystrophies) + atteintes viscérales de la phase tertiaire de l’adulte
    • Neurosyphilis :
      • Manifestation à n'importe quel stade de la maladie sauf le stade primaire
      • Neurosyphilis précoce : syphilis ophtalmique, vascularite cérébrale, atteinte des paires craniennes, méningite
      • Neurosyphilis tardive : tabès, gomme, paralysie générale
    Prélèvement :
  • Exsudats d’une lésion (centre de la lésion)
  • Sang pour sérologie et/ou biologie moléculaire
  • Biopsies (peau, tissus, placenta)
  • Liquide céphalorachidien
  • Liquides de ponction
  • Sang de cordon

  • Réalisation de l'examen direct
    Bactérie non cultivable
    Caractéristiques antigéniques :
  • Immunofluorescence directe : fixation du frottis sur lame, observation des spirochètes au microscope à l’aide d’anticorps anti-T. pallidum couplé à un fluorochrome
  • Tests non tréponémiques (RPR, VDRL, TRUST) : détection des anticorps non spécifiques dirigés contre les cardiolipides (présents chez tous les tréponèmes)
  • Tests tréponémiques (TPHA, ELISA, EIA, FTA-Abs, TP-PA, MHA-TP, CLIA, Western-Blot) : détection des IgM et IgG anti-lipoprotéines spécifiques de T. pallidum
  • Cinétique des anticorps :
    • Apparition des anticorps : 15 à 30 jours après la contamination
    • Si traitement en phase primaire de la maladie, bien conduit :
      • Apparition retardée des anticorps
      • Sérologie reste négative
      • Sérologie qui se négative après le traitement
    • Pas de différenciation avec les anticorps dus aux tréponématoses non vénériennes

  • Surveillance biologique post-traitement :
    • Réalisation d'un TNT à M3, M6 et M12 post-traitement
    • Objectif : diminution du TNT d'un facteur 4 à M6-M12
    • Si échec, plusieurs options peuvent être discutées :
      • Nouveau traitement : pénicilline G (3 injections à 1 semaine d'intervalle)
      • Ponction lombaire à la recherche d'une neurosyphilis si le TNT est supérieur ou égal à 8 à M6-M12

    Caractéristiques anatomo-pathologiques :
  • Immunohistochimie : immunofluorescence directe appliquée à des coupes de tissus
  • Technique très sensible et spécifique

  • Diagnostic direct :
  • PCR : diagnostic + sous-typage épidémiologique (laboratoires spécialisés)
  • Manque de sensibilité de la PCR dans les prélèvements oculaires et LCR (persistance du génome longtemps après le traitement)
    Résistances acquises :
    • Résistances acquises rapportées à la doxycycline
    • Pas de résistance à la pénicilline G rapportée
    • 2024 : prévalence de résistance à l'azithromycine de 78% en France (rapport CNR)
    Traitement curatif :
  • D'après les recommandations de prise en charge des personnes ayant une syphilis, HAS avril 2025.

  • Syphilis précoce (évolution < 1 an) :
    • 1ère intention : benzathine pénicilline G par injection intramusculaire (1 ou 2 injections)
    • Alternatives : doxycycline per os (14 jours), ceftriaxone intraveineuse (10 jours)

  • Syphilis tardive (évolution > 1 an ou ancienneté inconnue) :
    • 1ère intention : benzathine pénicilline G par injection intramusculaire (3 injections : J1, J8 et J15)
    • Alternatives : doxycycline per os (28 jours)

  • Neurosyphilis, syphilis oculaire et otosyphilis :
    • Nécessité d'un traitement prolongé
    • 1ère intention : pénicilline G par voie intraveineuse pendant 10 à 14 jours
    • Alternatives : ceftriaxone intraveineuse (10 à 14 jours), doxycycline (28 jours)

  • Syphilis tertiaire et cardiovasculaire :
    • 1ère intention : benzathine pénicilline G par injection intramusculaire (3 injections : J1, J8 et J15)
    • Alternative : doxycycline per os (28 jours)

  • Effet indésirable spécifique du traitement par pénicilline G : réaction de Jarisch-Herxheimer
    • Lié à la lyse des tréponèmes par l'antibiothérapie
    • Survenue dans les 24 premières heures post-injection
    • Symptômes : fièvre, céphalées, myalgies, asthénie, tachycardie, troubles de la tension, épilepsie
    Prophylaxie :
  • Port du préservatif lors des rapports sexuels
  • Dépistage systématique pendant la grossesse (1ère consultation avant 10 semaines d’aménorrhée)
  • Surveillance clinique et sérologique ou traitement des partenaires à risques
  • Dépistages fréquents chez les patients à risque (notamment VIH positifs)

Mise à jour : février 2026