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Staphylococcus aureus

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Le complexe S. aureus comprend 5 espèces :

  • Staphylococcus aureus
  • Staphylococcus argenteus
  • Staphylococcus schweitzeri
  • Staphylococcus roterodami
  • Staphylococcus singaporensis

Dans cette fiche, il n'est mentionné que les caractéristiques de l'espèce Staphylococcus aureus.

    Classification :
  • Embranchement : Bacillota
  • Classe : Bacilli
  • Ordre : Caryophanales
  • Famille : Staphylococcaceae
    Examen direct :
    • Cocci Gram positif capsulés, non sporulés
    • Disposition : isolés, en diplocoques ou en amas (tétrades ou grappes)
    • État frais : immobilité
    Culture :
    • Morphologie :
      • Colonies rondes, jaunes-dorées opaques, circulaires, β-hémolytiques sur gélose sang
      • SCV (Small Colony Variant) : croissance ralentie, morphologie atypique (petites colonies non hémolytiques et non pigmentées)
    Habitat naturel :
  • Répartition mondiale
  • Flore commensale peau et muqueuses (rhinopharynx, intestin, peau)
  • Portage intermittent ou persistant
  • Portage sain au niveau du rhinopharynx : chronique (20 à 30%), intermittent (environ 50%)
    Facteurs de virulence :
  • Colonisation et adhésion :
    • Protéines de surface (adhésines) : colonisation des tissus
    • Protéine A : liaison au facteur von Willebrand (favorise les infections intravasculaires) et au fragment Fc des immunoglobulines (inhibition de la réaction immunitaire), apoptose des ostéoblastes
    • Protéine de liaison au collagène : infections ostéoarticulaires
    • Protéine de liaison à la fibronectine : infections sur corps étrangers
    • Clumping factors (protéines de liaison au fibrinogène) : infections sur plaies et corps étrangers
    • Systèmes de captation du fer
    • Coagulase : liaison à la prothrombine de l’hôte = formation d'un thrombus protecteur autour de la bactérie (diffusion de la bactérie à un site distant du site infectieux)

  • Invasion et diffusion :
    • Staphylokinase : activation du plasminogène en plasmine = dégradation du caillot de fibrine
    • DNase : dispersion du biofilm
    • FAME (enzyme modifiant les acides gras) : protection de S. aureus dans les abcès

  • Synthèse de toxines :
    • α-toxine : propriétés hémolytiques + pro-inflammatoires
    • β-toxine : altération des membranes lipidiques + hémolytique
    • δ-toxine : action détergente de membrane, stabilisation du biofilm, modulation du système immunitaire
    • γ-toxines : hémolysines et leucocidines dont PVL (Leucocidine de Panton-Valentine – leucotoxique pour les cellules de la lignée myéloïde)
    • Entérotoxines, TSST-1, exfoliatines : impliquées dans les toxi-infections alimentaires, syndromes de choc toxique, syndromes de peau ébouillantée, éruptions scarlatiniformes
    • Facteurs EDIN = facteurs d’inhibition de la différenciation des cellules épidermiques (infections profondes des tissus mous)

  • Survie et persistance :
    • Capsule polysaccharidique (90% des souches) : inhibition de la phagocytose
    • Formation de biofilm : favorise le développement bactérien, l’échappement au système immunitaire et participe à la résistance aux antibiotiques
    • Internalisation : mort cellulaire, échappement au système immunitaire
    • SCV (Small Colony Variants) : développement de sous-populations naines de S. aureus dans les cellules endothéliales et épithéliales, survie accrue chez l’hôte, multirésistance aux antibiotiques
    Épidémiologie :
  • Bactérie pyogène

  • Responsable d'infections nosocomiales et communautaires

  • Transmission :
    • Autoinfection par une souche endogène (colonisation préalable à l'infection)
    • Directe par manuportage
    • Voie digestive : ingestion d’aliments porteurs de la toxine
    • Transmission maternofoetale : pendant l’accouchement

  • La prévalence des SARM à l'hôpital se rapproche de celle des SARM en ville

  • Surveillance de la résistance aux antibiotiques coordonnée par l’InVS
    Pathogénicité :
  • Infections suppuratives : dues à la prolifération bactérienne, puis invasion et destruction des tissus + réponse inflammatoire locale et systémique

    • Infections cutanéomuqueuses : auto-infections via flore endogène
      • Bénignes ou sévères avec extension locorégionale
      • Primitives : panaris, folliculites, furoncles, anthrax, impétigo, cellulites
      • Surinfections de plaies
    • Infections respiratoires :
      • Staphylococcie pleuro-pulmonaire du nourrisson et du jeune enfant (troubles digestifs + détresse respiratoire)
      • Pneumopathies nosocomiales (sous ventilation mécanique +++)
    • Bactériémies : porte d’entrée cutanée +++
    • Staphylococcies viscérales à partir de bactériémies : atteintes urogénitales, atteintes du système nerveux central (abcès cérébral)
      • Localisation secondaires ostéoarticulaires (arthrites, ostéomyélites)
      • Atteintes cardiaques (endocardites infectieuses)
      • Atteintes urogénitales
      • Atteintes du système nerveux central (abcès cérébral)


  • Toxi-infections ou toxémies : bactérie productrice d’une toxine ou ingestion d’une toxine préformée dans les aliments

    • Intoxications alimentaires par ingestion d'entérotoxines (incubation de 30 minutes à 8h) : vomissements, diarrhées, crampes abdominales, absence de fièvre
    • Syndrome d’exfoliation généralisé ou syndrome de la peau ébouillantée (toxines A et B) : érythrodermie + décollement bulleux intra-épidermique (enfants, adultes immunodéprimés), absence de bactéries dans les bulles
    • Syndrome de choc toxique staphylococcique (SCTS – toxine TSST-1) +/- menstruel = fièvre + érythrodermie +/- desquamative + hypotension artérielle + thrombopénie + ≥ 3 atteintes viscérales (rein, foie, muqueuses, intestins, muscles …)
    • Syndrome de Kawasaki : syndrome adéno-cutanéo-muqueux (maladie éruptive avec hyperthermie + tuméfactions ganglionnaires)
    • Pneumonies nécrosantes : communautaires, liées à la production de la leucocidine de Panton-Valentine (PVL) (patient généralement jeune avec pneumopathie aiguë sévère + hyperthermie + pleurésie + abcès du poumon). Généralement post syndrome grippal.


  • Infections chroniques, récidivantes et réfractaires aux antibiotiques : souches de type Small Colony Variants (SCV)
    Prélèvement :
    • Sang pour hémocultures
    • Valves cardiaques
    • Urines
    • Liquide céphalorachidien
    • Liquides de ponction
    • Suppurations diverses
    • Biopsies tissulaires et osseuses
    • Matériel étranger : sondes, cathéters…
    • Prélèvements respiratoires
    • Écouvillon nasal ou rectal (dépistage du SARM)

    Réalisation de l'examen direct
    Mise en culture :
    • Bactéries non exigeantes
    • Respiration : aéro-anaérobie facultative
    • Milieux enrichis (géloses sang), milieux usuels, milieux sélectifs ou chromogéniques
    • Incubation : 37°C, air ambiant ou enrichi en CO2
    Identification :
    • Caractéristiques antigéniques :
      • Recherche de la coagulase libre (aptitude à coaguler le plasma) : agglutination sur lame de particules de latex sensibilisées par des anticorps, observation de la prise en masse pendant 24h
    • Caractéristiques biochimiques d'orientation :
      • Catalase positive
      • Oxydase négative
    • MALDI-TOF couplé à la spectrométrie de masse
    • Galeries d'identification bactérienne
    • Séquençage de l’ARN 16S
    • PCR ou séquençage haut débit (NGS) pour détection de la méticillinorésistance, certains gènes de résistance, ou pour la recherche de toxines dont la PVL
    Résistances acquises :
    • 90% des souches productrices d’une pénicillinase
    • Recherche de la méticillino-résistance (gène mecA ou gène mecC) : disque de céfoxitine (une souche résistante à l’oxacilline est considérée comme résistante à toutes les β-lactamines)
    • Résistance de haut niveau aux glycopeptides : rare +++ (opéron vanA)
    • SCV : résistance accrue à certains antibiotiques (aminosides)
    • Aminosides :
      • Phénotype K : résistance à la kanamycine et à l’amikacine
      • Phénotype KT : résistance à la kanamycine, amikacine et à la tobramycine
      • Phénotype KTG : résistance à la kanamycine, amikacine, tobramycine et à la gentamicine
    • Macrolides - lincosamines - streptogramines :
      • Phénotype de type efflux (rare)
      • Phénotype MLSB inductible
      • Phénotype MLSB constitutif
    • Souches de sensibilité diminuée aux glycopeptides/vancomycine : GISA/VISA (résistance homogène), hGISA/hVISA (résistance hétérogène)
    • Souches résistantes aux glycopeptides (VRSA) : rarissime
    Traitement curatif :
  • Choix de la molécule en fonction du type d'infection, de la voie d'administration souhaitée et des paramètres pharmacocinétiques des antibiotiques.

  • Souche méti-S (sensible à la méticilline) + infection grave : pénicilline M
    • Oxacilline
    • Cloxacilline

  • Souche méti-R (SARM = Staphylococcus aureus résistant à la méticilline) + infection grave :
    • Glycopeptides : vancomycine, teicoplanine
    • Autres molécules : daptomycine, linézolide, ceftazoline, ceftobiprole
    • Association selon l'antibiogramme et le type d'infection

  • Durée de l'antibiothérapie : variable selon le type d'infection et la molécule (de 5 jours à 6 semaines)
    Prophylaxie :
  • Isolement contact des patients porteurs de SARM
  • Dépistage des porteurs de SARM : écouvillonnage nasal ou rectal
  • Décolonisation des porteurs sains pour prévenir certains types d'infections
  • Respect des mesures d'hygiène des mains
  • Respect des bonnes pratiques d'hygiène hospitalière

Mise à jour : juin 2026